Fiscalité · par Arnaud — Simupatri

SCI IR ou SCI IS ? Le comparatif chiffré sur un cas concret

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SCI IR ou SCI IS : la mauvaise question, ou presque

« Faut-il monter une SCI à l’IR ou à l’IS ? » — c’est l’une des questions les plus posées par les investisseurs immobiliers qui veulent passer en société. La réponse, comme souvent, n’est pas tranchée dans l’absolu : elle dépend de votre situation, de vos objectifs et de votre horizon de revente.

Pour le démontrer concrètement, on prend le cas d’un couple type — Julie et Thomas — qui veut acheter un immeuble de rapport, et on simule les deux régimes sur 20 ans. Spoiler : pour ce profil-là, la SCI à l’IS sort gagnante avec un TRI de 7,11 % contre 6,24 % et un effort d’épargne réduit de 38 000 €. Mais le verdict change vite si l’on touche au profil ou à l’horizon.

Le couple type : Julie et Thomas

ÉlémentValeur
Revenus annuels nets (couple)120 000 € (62 000 € + 58 000 €)
Foyer fiscal1 enfant, TMI 30 %
Bien viséImmeuble de rapport, 4 appartements
Prix d’achat300 000 € (+ 30 000 € de travaux)
Loyer mensuel2 000 €
ObjectifMaximiser le patrimoine à transmettre, minimiser l’effort d’épargne

Point capital pour la suite : Julie et Thomas n’ont pas besoin de sortir l’argent de la société pour vivre. Ils visent l’accumulation et la transmission long terme.

Comment fonctionne la SCI à l’IR

La SCI à l’IR (impôt sur le revenu) est dite transparente fiscalement. Les associés sont imposés directement, comme s’ils détenaient le bien en direct.

Le calcul : loyers − charges déductibles (taxe foncière, assurance PNO, intérêts d’emprunt, travaux d’entretien…) = résultat foncier. Ce résultat est intégré aux revenus du foyer et imposé :

  • TMI (30 % pour notre couple)
  • + Prélèvements sociaux (17,2 %)
  • = 47,2 % d’imposition réelle, appliquée au résultat foncier (loyers nets de charges), pas aux loyers bruts

Pas d’amortissement possible. La SCI à l’IR est proche du régime micro-foncier ou réel dans ses mécaniques fiscales.

L’avantage clé en revanche, c’est l’imposition de la plus-value à la revente, qui se dégrade avec la durée de détention :

  • Exonération totale de l’impôt sur la plus-value au bout de 22 ans
  • Exonération totale des prélèvements sociaux au bout de 30 ans

Autrement dit, plus vous gardez le bien, moins vous payez sur la plus-value. C’est un puissant levier pour les stratégies long terme + revente (départ en retraite, par exemple).

Comment fonctionne la SCI à l’IS

La SCI à l’IS (impôt sur les sociétés) est une « coquille » fiscalement opaque. Tant que vous ne distribuez pas l’argent (sous forme de dividendes), vous n’êtes pas imposé à titre personnel.

Le calcul au niveau société :

  • Loyers
  • Moins charges déductibles (assurance, taxe foncière, frais de comptable…)
  • Moins amortissements du bien (entre 2 % et 4 % du bâti par an, selon la composante)

Résultat : le bénéfice imposable est souvent proche de zéro sur les premières années. Quand il devient positif, l’imposition est :

  • 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice
  • 25 % au-delà

Soit un taux nettement inférieur aux 47,2 % de la SCI à l’IR.

⚠️ Mais attention à l’année de revente. Le bénéfice de l’exercice peut bondir car les amortissements pratiqués pendant toute la durée de détention sont réintégrés dans le calcul, en plus de la plus-value. Le résultat de l’année de cession dépasse alors très vite 42 500 €, et la quasi-totalité du gain de revente est imposée à 25 %, pas à 15 %. C’est l’un des pièges majeurs du régime — détaillé plus bas dans cet article.

Trois autres caractéristiques importantes :

  • Location meublée possible (impossible en SCI IR sauf marginalement)
  • Option IS irrévocable au bout de 5 ans — vous ne pourrez pas revenir à l’IR
  • Maîtrise des dividendes limitée : vous ne pouvez distribuer que sur un résultat positif. Trésorerie disponible ≠ distribuable.

Synthèse : SCI IR vs SCI IS d’un coup d’œil

CritèreSCI à l’IRSCI à l’IS
Imposition couranteTMI + PS (47,2 % ici)15 % puis 25 % au niveau société
Amortissement du bien
Location meublée
Imposition plus-valueDégressive (0 € après 22 ans)Lourde (réintégration des amortissements)
ComptabilitéSimplePlus complexe (comptable utile)
Flexibilité de basculeIR → IS possible à tout momentIS irrévocable après 5 ans

Le piège de la plus-value en SCI IS

C’est l’angle le plus mal anticipé par les investisseurs qui basculent sans réfléchir à l’IS.

Au moment de la revente, tous les amortissements pratiqués chaque année sont réintégrés dans le calcul de la plus-value. Le résultat :

RégimeTotal impôt sur plus-value (cas du couple, revente à 20 ans)
SCI à l’IR18 700 €
SCI à l’IS≈ 150 000 €

Soit un écart de 131 300 €, ou 8 fois plus d’impôt en SCI IS qu’en SCI IR sur la même opération.

Cet écart change radicalement la donne si l’objectif est de revendre. Pour Julie et Thomas, qui veulent transmettre les parts plutôt que vendre le bien, la plus-value latente reste dans la société — la transmission ne la purge pas. La SCI conserve son historique d’amortissements et la latence fiscale ne se matérialise que le jour où la SCI vend effectivement le bien (que ce soit eux ou leurs héritiers). La transmission optimise les droits de mutation (assis sur la valeur des parts, et non sur le bien), mais l’imposition IS sur la plus-value reste due quand la cession arrive.

La simulation chiffrée sur 20 ans

Voici les chiffres en sortie du simulateur Simupatri pour le cas du couple, sur la partie société (pas de distribution aux associés) :

IndicateurSCI à l’IRSCI à l’IS
TRI sur 20 ans6,24 %7,11 %
Effort d’épargne cumulé178 000 €140 000 €

L’IS rapporte +0,87 point de TRI, soit l’équivalent d’environ +15 % de rentabilité sur le capital investi. Et l’effort d’épargne cumulé est inférieur de 38 000 €, soit l’équivalent d’environ 20 % d’effort en moins sur la durée.

Ce qui fait toute la différence, c’est l’amortissement du bien, qui neutralise le résultat fiscal de la société sur la durée du projet : aucun IS à payer pendant les premières années. Côté SCI à l’IR, à l’inverse, le résultat foncier (positif puisqu’il n’y a pas d’amortissement) est immédiatement taxé à 47,2 % chaque année — d’où l’effort d’épargne plus important.

Verdict : IR ou IS pour Julie et Thomas ?

Pour ce couple, avec ce profil et ces objectifs, la SCI à l’IS gagne. Trois raisons cumulées :

  1. Ils ne sortent pas l’argent — donc l’imposition société à 15 % suffit, pas de double-taxation par dividendes.
  2. Ils accumulent pour transmettre — la latence IS sur la plus-value ne se matérialise qu’au jour de la cession effective du bien. Tant que la SCI conserve (même après transmission des parts aux héritiers), aucune imposition de plus-value n’est due. La transmission optimise les droits de mutation, pas la latence IS.
  3. Ils veulent minimiser l’effort d’épargne — l’IS le permet grâce aux amortissements qui neutralisent fiscalement les loyers.

Quand la SCI à l’IR reprend l’avantage

Pour autant, l’IS n’est pas universellement meilleure. Plusieurs facteurs — qui se cumulent souvent dans un même profil — peuvent rééquilibrer la comparaison en faveur de l’IR :

  • Un TMI faible (11 % ou non imposable) ramène l’imposition foncière de 47,2 % vers 28,2 %, ce qui rapproche, voire fait passer l’IR devant l’IS.
  • L’horizon de détention long joue mécaniquement pour l’IR via l’abattement pour durée de détention sur la plus-value (exonération d’IR à 22 ans, exonération totale PS à 30 ans), pendant que la latence IS continue de s’accumuler.
  • Le besoin de percevoir les loyers plutôt que de les laisser dans la société pèse aussi : la double imposition (IS société + flat tax sur dividendes) érode la rentabilité nette de l’IS.
  • La simplicité de gestion est un argument à part — pas de comptable obligatoire, pas de plan d’amortissement à tenir.

Dans la pratique, c’est rarement un seul de ces facteurs qui fait basculer la décision : c’est leur combinaison avec votre projet (durée, objectif de revenus, transmission). D’où l’intérêt de simuler les deux scénarios sur vos chiffres avant de trancher.

🚀 Passer à l’action

Aucun régime SCI n’est universellement bon. Le seul moyen de trancher pour votre projet, c’est de poser vos chiffres dans un simulateur et, surtout pour la SCI à l’IS, de sécuriser le montage avec un comptable spécialisé qui maîtrise les arbitrages amortissements / dividendes / CCA.

1️⃣ Simuler votre cas

Mettez votre situation, vos revenus, votre horizon — et vous saurez factuellement, comme Julie et Thomas, quel régime sert vraiment vos objectifs :

Comparez côte à côte les deux scénarios sur le même bien, sur 25 ans, avec votre fiscalité personnelle.

2️⃣ En parler à un comptable spécialisé

La SCI à l’IS impose une comptabilité d’entreprise complète (bilan, compte de résultat, déclaration 2065, gestion des amortissements et du CCA). La SCI à l’IR est plus simple mais demande quand même un suivi rigoureux des quotes-parts et reports. Un comptable spécialisé immobilier sécurise les montages et paie son coût en optimisations dès la première année — notamment sur la stratégie de sortie.

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Transcript intégral de la vidéo

SCI IR ou SCI IS, c'est la question du jour. On va y répondre avec un exemple concret d'un couple qui a une situation et des objectifs, et on va les aider à choisir.

Ça va se passer en trois temps. D'abord, je vous présente le couple. Ensuite, je vous présente les intérêts de la SCI à l'IR puis ceux de la SCI à l'IS. Et enfin, on regarde ensemble en posant les chiffres sur le simulateur ce que ça donne, de la façon la plus objective possible.

Présentation du couple

Notre couple, c'est Julie et Thomas. Julie gagne 62 000 € à l'année, Thomas 58 000 €, soit 120 000 € net à l'année à deux. Ils ont un enfant. Leur objectif : se constituer le patrimoine le plus important possible, qu'ils souhaitent transmettre à l'avenir, en minimisant leur effort d'épargne. Ils sont à une TMI de 30 % aujourd'hui.

Le bien visé : un immeuble de rapport de quatre appartements à 300 000 €, qui apporte 2 000 € de loyer par mois.

Comment fonctionne la SCI à l'IR

La SCI à l'IR est une société transparente fiscalement. Vos revenus sont considérés comme des revenus fonciers. Vous déduisez les charges (taxe foncière, assurance...). Le résultat est imposé à votre TMI (30 % dans notre cas) plus les prélèvements sociaux à 17,2 %, soit 47,2 % au total pour notre couple.

L'avantage majeur, c'est l'imposition de la plus-value qui dégresse avec le temps : exonération totale d'impôt au bout de 22 ans et exonération des prélèvements sociaux au bout de 30 ans.

Comment fonctionne la SCI à l'IS

La SCI à l'IS, c'est une "coquille". Tant que vous ne sortez pas l'argent de la société, vous n'êtes pas imposé à titre personnel. Mais il y a une imposition à l'intérieur de la société.

Le calcul : vous déduisez les charges (assurance, taxe foncière, comptable...) plus les amortissements. Les amortissements, c'est une part du bien chaque année qui se déduit des loyers. Résultat : la plupart du temps, vous avez un bénéfice à zéro sur les premières années, parfois sur une longue période.

Quand le bénéfice devient positif, vous payez 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà.

Petit bémol : vous pouvez maîtriser vos dividendes uniquement à partir d'un résultat positif. Si vous avez de la trésorerie mais pas de résultat positif, vous pouvez vous retrouver à ne pas pouvoir distribuer.

Synthèse comparative

- IR : 47,2 % d'imposition, pas d'amortissement, plus-value dégressive avec le temps, comptabilité simple. - IS : 15 % puis 25 % au niveau société, amortissements, plus-value qui s'alourdit avec le temps (à cause de la réintégration des amortissements), comptabilité plus complexe (un comptable est utile). - L'IS permet la location meublée, l'IR ne le permet pas (ou très peu). - L'option IS est irrévocable au bout de 5 ans. À l'inverse, on peut basculer de l'IR à l'IS à tout moment.

Le piège de la plus-value en SCI IS

En SCI IR, dans cet exemple, on aura un total d'impôt sur la plus-value de 18 700 € au bout de 20 ans. En SCI IS sur la même durée, ce sera environ 150 000 €. C'est un écart énorme à anticiper.

Comparaison sur simulateur

Direction simupatri.fr. J'ai déjà rentré les chiffres : prix d'achat 300 000 €, 30 000 € de travaux de rénovation, prêt total moins 10 % d'apport, 2 000 € de loyer mensuel, taxe foncière, assurance PNO, et 120 000 € de rémunération annuelle.

Pour la SCI, le simulateur affiche deux blocs : la partie société (si on ne sort pas l'argent) et la partie associés (si on sort). Notre couple veut accumuler du patrimoine pour transmettre, donc on regarde la partie société.

Le TRI, taux de rendement interne, correspond au rendement généré sur le cash investi par les associés. Sur 20 ans :

- SCI IS sans distribution : TRI de 7,11 % - SCI IR : TRI de 6,24 %

L'IS bat l'IR de presque un point. Côté effort d'épargne sur 20 ans :

- SCI IR : 178 000 € à sortir cumulés - SCI IS : 140 000 € (apport en compte courant d'associés)

Verdict pour ce couple

Pour cette situation et ces objectifs (transmission long terme, minimisation de l'effort d'épargne, pas de besoin de revenus immédiats), la SCI à l'IS est plus pertinente que la SCI à l'IR.

Conclusion

Si vous avez aimé cette vidéo, n'hésitez pas à vous abonner. On aborde différents sujets et différents régimes fiscaux. N'hésitez pas à liker et à me dire ce que vous en pensez, et à me partager un cas de figure que je pourrais étudier en direct dans une prochaine vidéo. Excellents investissements !

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une SCI à l'IR et une SCI à l'IS ?

La SCI à l'IR est transparente fiscalement (les associés sont imposés à leur TMI). La SCI à l'IS est imposée comme société (15 % puis 25 %) et permet d'amortir le bien.

Peut-on faire de la location meublée en SCI à l'IR ?

Non, ou seulement sur une très petite proportion. La location meublée est considérée comme une activité commerciale et bascule la SCI à l'IS. Pour louer en meublé sereinement, il faut une SCI à l'IS.

Le passage de la SCI IR à la SCI IS est-il réversible ?

Non. L'option pour l'IS est irrévocable au bout de 5 ans. À l'inverse, on peut basculer d'une SCI IR vers l'IS à tout moment, mais le retour n'est plus possible une fois la fenêtre passée.

Pourquoi la plus-value est-elle si lourde en SCI à l'IS ?

Parce que les amortissements pratiqués chaque année sont réintégrés au moment de la cession, ce qui gonfle la plus-value imposable. En IR, à l'inverse, l'impôt s'efface après 22 ans (et 30 ans pour les prélèvements sociaux).

Quelle SCI choisir pour transmettre un patrimoine immobilier ?

Il n'y a pas de réponse universelle : la transmission peut se faire aussi bien à l'IR qu'à l'IS, et le choix dépend de votre TMI, de votre horizon, de votre besoin (ou non) de percevoir les loyers, et de ce que vos héritiers comptent faire du bien (le conserver ou le revendre). Le seul moyen de trancher, c'est de modéliser votre cas dans un simulateur et de comparer les deux régimes sur vos chiffres.