Fiscalité · Mis à jour le 9 mai 2026 · par Arnaud — Simupatri

LMP 2026 : Loueur Meublé Professionnel, le guide complet

🎯 Le LMP en 60 secondes

Pour qui ? Investisseur entrepreneur indépendant déjà au SSI, bailleur professionnel à temps plein (vivre de son immobilier tout en cotisant pour la retraite et la couverture maladie), ou investisseur en stratégie achat-rénovation-revente sur 5 ans et plus.

Avantages clés :

  • Déficit BIC sans plafond sur le revenu global (charges réelles)
  • Régime des plus-values pro à deux étages :
    • PVLT (long terme) = plus-value économique « pure ». Imposée à 30 %, mais exonération progressive de 10 %/an au-delà de 5 ans → exonération totale à 15 ans (article 151 septies B). Cet abattement par durée ne concerne que la PVLT.
    • PVCT (court terme) = fraction correspondant aux amortissements pratiqués. Imposée au barème + cotisations SSI — pas anodine, et non concernée par l’abattement par durée du 151 septies B.
  • Article 151 septies (recettes ≤ 90 000 € en moyenne sur les 2 années civiles précédentes + 5 ans d’activité) : exonération totale des plus-values, à la fois PVCT et PVLT. C’est le mécanisme à activer en priorité, mais il suppose un calibrage strict des recettes.
  • Exonération d’IFI sous conditions (bien outil professionnel)
  • Cotisations SSI déductibles du résultat (le coût net effectif tombe vers ~30 % au lieu des 43 % nominaux)

À retenir : le LMP n’est plus un choix depuis 2020 (il s’applique automatiquement dès les seuils franchis), mais on peut le préparer ou l’éviter en pilotant ses recettes.

💡 Comment ça marche concrètement

Le statut LMP s’applique automatiquement quand vous franchissez les deux seuils suivants la même année :

  1. Recettes locatives meublées > 23 000 €/an (toutes charges comprises, tous biens cumulés)
  2. Ces recettes excèdent les autres revenus d’activité du foyer fiscal (salaires + BIC autres + BNC + BA)

📝 Remarque importante : les revenus du conjoint sont à considérer. Un couple où Madame gagne 50 000 € de salaire restera en LMNP même avec 30 000 € de recettes meublées (car 30 000 < 50 000).

Une fois en LMP, vous bénéficiez de quatre mécanismes propres :

1. Amortissement comptable (comme en LMNP réel)

Vous amortissez le bien par composants (gros œuvre, agencements, mobilier) — typiquement 3 à 4 % de la valeur du bien par an, déductible des recettes pendant 25-30 ans. Le résultat fiscal est généralement à 0 € voire négatif sur les premières années.

2. Déficit BIC imputable sans plafond sur le revenu global

C’est l’un des avantages forts du LMP (parmi d’autres : exonération PV pro, exonération IFI, droits sociaux ouverts par les cotisations SSI). Si vos charges réelles (intérêts, taxe foncière, copro, travaux) dépassent vos recettes, le déficit BIC s’impute directement sur le revenu global (salaires d’un conjoint, dividendes, retraites) sans plafond. Le LMNP, lui, ne peut imputer ces déficits que sur les BIC des 10 années suivantes.

⚠️ Important : seul le déficit issu des charges réelles est imputable sur le revenu global. La part issue de l’amortissement reste reportable sur les BIC futurs uniquement (article 39 C II 2° CGI).

3. Plus-values pro : décomposition court terme / long terme et exonérations possibles

À la revente, le LMP relève du régime des plus-values professionnelles (et non des plus-values immobilières des particuliers). Avant de parler des exonérations, il faut comprendre que la plus-value se décompose en deux parties (article 39 duodecies CGI) :

  • Plus-value à court terme (PVCT) = fraction correspondant aux amortissements pratiqués pendant la détention. Imposée au barème de l’IR (votre TMI) + cotisations SSI (~43 % nominal). C’est le poste fiscal le plus lourd, souvent sous-estimé : sur un bien à 200 000 € amorti 4 %/an pendant 7 ans, ce sont ~56 000 € de PVCT qui s’ajoutent à la base imposable, pouvant représenter 30 000 à 40 000 € d’impôt et cotisations sans exonération.
  • Plus-value à long terme (PVLT) = la fraction restante (« plus-value économique pure »). Imposée à 12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux = 30 %.

Deux articles peuvent ensuite exonérer tout ou partie de cette plus-value :

  • Article 151 septies CGI (basé sur les recettes) : exonération totale (PVCT + PVLT) si la moyenne des recettes hors taxes des 2 années civiles précédant la clôture de l’exercice de cession est ≤ 90 000 €. Exonération dégressive entre 90 000 € et 126 000 €, plus rien au-delà. Et 5 ans d’activité minimum (BOFiP BOI-BIC-PVMV-40-10-10-20 et 40-10-10-30 §10).

💡 Important — c’est la MOYENNE, pas chaque année individuellement. Exemple : pour une cession en 2026, on regarde la moyenne 2024 + 2025. Si vous avez fait 95 K€ en 2024 et 85 K€ en 2025, la moyenne est de 90 K€ → vous êtes juste à la limite supérieure de l’exonération totale. Si la moyenne avait été 95 K€, vous seriez en zone dégressive.

  • Article 151 septies B CGI (basé sur la durée) : abattement de 10 %/an au-delà de 5 ans sur la PVLT seulement → exonération de la PVLT à 15 ans. ⚠️ La PVCT n’est jamais touchée par 151 septies B.

💡 Les deux articles se cumulent : 151 septies vise les petits portefeuilles (≤ 90 K€ de recettes) avec une exonération totale ; 151 septies B vise les portefeuilles plus importants où seule la PVLT s’efface progressivement, la PVCT restant due. Sans 151 septies, la facture PVCT peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros — d’où l’importance de calibrer ses recettes en vue de la revente.

4. Exonération d’IFI sur les biens outil professionnel

Article 975 V CGI : les biens affectés à l’activité professionnelle principale du contribuable sont exclus de l’assiette IFI. Pour les patrimoines immobiliers > 1,3 M€, c’est un argument supplémentaire à intégrer dans la réflexion sur le statut LMP.

👤 C’est fait pour vous si…

  • ✅ Vous êtes entrepreneur indépendant déjà au SSI (artisan, profession libérale, gérant TNS) et l’immobilier devient une deuxième activité : les cotisations SSI s’ajoutent à votre cotisation existante de manière marginale, et vous bénéficiez du déficit imputable sans plafond sur vos revenus d’activité
  • ✅ Vous voulez vivre de votre immobilier à temps plein tout en continuant à cotiser pour la retraite et la couverture maladie (sans le LMP, vous seriez sans couverture sociale obligatoire)
  • ✅ Vous êtes en stratégie achat-rénovation-revente : achat dans une zone à fort potentiel de valorisation, travaux de rénovation lourde (division, optimisation surface, mise aux normes énergétiques), location 5 ans minimum, revente avec exonération PV pro (151 septies) — sans risquer la requalification en marchand de biens
  • ✅ Vous avez un patrimoine immobilier conséquent (> 1,3 M€) et l’exonération IFI est un argument à mettre dans la balance
  • ✅ Votre conjoint a peu ou pas de revenus salariés, ce qui fait que les recettes meublées dominent les revenus d’activité du foyer

Ce n’est pas pour vous si :

  • Vos recettes restent < 23 000 € → le LMNP réel est plus simple et fiscalement comparable
  • Votre conjoint a un gros salaire qui dépasse vos recettes meublées → vous resterez en LMNP automatiquement
  • Vous êtes salarié confortablement couvert par votre entreprise et n’avez pas besoin des droits sociaux SSI : les ~43 % de cotisations deviennent un coût net (même déductible) sans contrepartie en droits significatifs
  • Vous achetez un seul bien et ne projetez pas d’agrandir le portefeuille : les seuils LMP ne seront jamais franchis

💰 Est-ce que ça réduit vos impôts ?

Oui, parfois plus que tout autre régime — mais avec une équation financière à analyser finement.

Les avantages fiscaux du LMP

MécanismeEffetQuand ça paie
AmortissementRésultat fiscal souvent à 0 €Pas d’impôt ni cotisations sur les loyers pendant des années
Déficit charges réellesImputable sur le revenu global sans plafondAnnée avec gros travaux, conjoint salarié à TMI élevée
Cotisations SSI déductiblesCalcul circulaire : SSI = 43 % × (résultat brut − SSI)Taux effectif réel ~30 % du résultat brut, dès qu’il y a un résultat
Plus-values proPVCT (= amortissements) au barème + SSI sauf 151 septies (recettes ≤ 90 K€). PVLT à 30 % avec abattement 151 septies B (10 %/an > 5 ans → exonération à 15 ans)Revente après 5 ans avec recettes maîtrisées ≤ 90 K€
Exonération IFIBien hors assiette IFIPatrimoine immobilier > 1,3 M€

L’arbitrage clé : SSI vs prélèvements sociaux (avec déductibilité)

La comparaison brute “SSI 43 % vs PS 17,2 %” est trompeuse : les cotisations SSI sont déductibles du résultat fiscal (article 154 bis CGI), et ce résultat est lui-même celui sur lequel les cotisations sont calculées. Cette circularité fait baisser le taux effectif réel.

Le mécanisme : un calcul circulaire qui converge à ~30 %

Sur un résultat brut G (avant cotisations), les cotisations SSI s’appliquent en réalité au résultat fiscal net des cotisations elles-mêmes. C’est un calcul itératif que l’administration résout pour vous, mais qui se modélise simplement :

SSI = 43 % × (G − SSI) ⇒ SSI × 1,43 = 0,43 × G ⇒ SSI ≈ 0,301 × G

Sur 10 000 € de résultat brut, vous payez donc en pratique ~ 3 010 € de cotisations SSI, pour un résultat fiscal final de ~ 6 990 €. Le taux effectif est ~30 % dès qu’il y a un résultat positif — la boucle de déductibilité s’applique systématiquement, ce n’est pas un mécanisme qui n’arrive qu’à long terme.

Comparaison nette sur un résultat brut de 10 000 €/an, TMI 30 %

RégimeCotisations socialesRésultat fiscal finalImpôt sur le revenuCoût total
LMNP réel10 000 × 17,2 % = 1 720 € (PS non déductibles)10 000 €10 000 × 30 % = 3 000 €4 720 €
LMP10 000 × ~30 % = 3 010 € (calcul circulaire)10 000 − 3 010 = 6 990 €6 990 × 30 % = 2 097 €5 107 €

💡 Conséquence : le LMP coûte ~387 €/an de plus que le LMNP réel sur ce résultat (5 107 − 4 720). Et les cotisations SSI ouvrent en plus des droits sociaux réels (retraite, indemnités journalières, maternité), ce qui n’est pas le cas des prélèvements sociaux. À comparer aussi à un éventuel coût de mutuelle privée + prévoyance + retraite complémentaire qu’un LMNP devrait souscrire à part.

⚠️ MAIS : si vous générez un déficit de 5 000 € grâce aux travaux, la donne change radicalement. Le LMP impute les 5 000 € sur votre revenu salarié à TMI 30 % = 1 500 € d’économie d’impôt immédiate. Le LMNP, lui, ne peut imputer ce déficit que sur des BIC futurs (effet différé, parfois inutile si vous ne dégagez jamais de bénéfice BIC).

💡 Pas de confusion avec le déficit foncier de la location nue (plafond 10 700 €) : en LMP, le déficit BIC est sans plafond et ne suit pas le régime foncier.

Quand le LMP devient ultra-avantageux

  • Entrepreneur indépendant déjà au SSI : la cotisation SSI sur les loyers est marginale (votre statut SSI existe déjà), vous récupérez le bénéfice du déficit BIC sur vos revenus pro
  • Stratégie achat-rénovation-location-revente sur 5 ans : déficit massif les premières années + exonération PV pro à la revente (article 151 septies si recettes ≤ 90 K€)
  • Patrimoine immobilier > 1,3 M€ : exonération IFI qui peut représenter 5 000 à 30 000 €/an
  • ✅ Vente d’un bien après 5 ans avec plus-value > 50 000 € : exonération vs taxation lourde en LMNP

📊 Cas concret : Frédéric, 52 ans, 6 biens meublés à Lyon

ÉlémentValeur
Âge52 ans, marié, 1 enfant majeur
ActivitéCadre supérieur 80 000 €/an (TMI 30 %), envisage de quitter pour vivre du LMP
Patrimoine locatif6 appartements meublés à Lyon, Bordeaux, Nantes, Toulouse, Lille, Strasbourg
Recettes meublées45 000 €/an total (6 × ~ 7 500 €)
ConjointNe travaille pas

Le statut actuel : Frédéric reste en LMNP tant qu’il est salarié à 80 000 €, car ses recettes meublées (45 000 €) n’excèdent pas ses salaires. Il bascule en LMP uniquement s’il quitte son emploi salarié. Reprenons l’analyse en supposant qu’il franchit le pas l’année prochaine.

Année de bascule (Frédéric quitte son emploi) :

PosteMontant
Recettes locatives meublées45 000 €
Charges réelles (intérêts, copro, gestion, taxe foncière, assurances)-12 000 €
Travaux d’entretien (couverture toiture du bien Lyon)-8 000 €
Amortissements (6 biens sur composants)-32 000 €
Résultat fiscal avant cotisations-7 000 €
Déficit BIC charges réelles imputable sur revenu global-5 000 € (charges hors amortissement)
Déficit BIC issu de l’amortissement-2 000 € (reportable sur BIC futurs)
Cotisations SSI minimales (forfait sur résultat ≤ 0)~1 200 €
Économie d’impôt sur revenu global (TMI 30 %)~1 500 €

Année de croisière (après amortissement réduit, entretien classique) :

PosteMontant
Recettes meublées45 000 €
Charges réelles décaissées-10 000 €
Amortissements (non décaissés)-22 000 €
Résultat fiscal brut (avant SSI)+13 000 €
Cotisations SSI au taux effectif ~30 % du résultat brut (calcul circulaire, déductibles la même année)-3 910 €
Résultat fiscal final imposable à l’IR9 090 €
Impôt sur le revenu (TMI 30 %, sous hypothèse d’autres revenus du foyer)-2 727 €
Résultat net après IR + SSI+ 6 363 €
Cash réel sur l’année (recettes − charges − SSI − IR, hors amortissements non décaissés)~ 28 000 €
Couverture santé + retraite✅ acquise via SSI

💡 La différence entre les 6 363 € de résultat net comptable et les ~28 000 € de cash réel vient des amortissements (-22 000 €) qui réduisent le résultat fiscal sans aucune sortie de cash. C’est précisément le levier qui rend le LMP rentable malgré les cotisations SSI — vous gardez en main beaucoup plus que ce que la fiche fiscale laisse paraître.

Stratégie de cession après 7 ans :

Vente de l’appartement Bordeaux : acheté 180 000 €, revendu 280 000 €plus-value brute 100 000 €. Décomposition fiscale avant application des exonérations :

ComposanteCalculMontant
Amortissements pratiqués sur 7 ans (4 %/an du bâti, env. 144 K€ amortissables)144 000 × 4 % × 7~ 40 000 €
Plus-value à court terme (PVCT) = amortissements pratiqués40 000 €
Plus-value à long terme (PVLT) = reste de la plus-value100 000 − 40 00060 000 €

Si le 151 septies n’avait pas joué (par exemple recettes > 126 K€), la note aurait été lourde :

PosteCalcul détailléCoût
PVCT 40 000 € : SSI ~30 % effectif (calcul circulaire) puis IR sur le résiduelSSI 40 000 × 30 % = 12 000 € ; IR (40 000 − 12 000) × 30 % = 8 400 €~ 20 400 €
PVLT 60 000 € : 30 % avec abattement 151 septies B (2 ans au-delà de 5 → 20 %)60 000 × 30 % × 80 %14 400 €
Total fiscalité PV sans 151 septies~ 34 800 €

Mais Frédéric remplit les conditions du 151 septies :

ConditionÉtatEffet
Recettes annuelles moyennes 2 dernières années ≤ 90 000 €45 000 € ✅
Durée d’activité LMP ≥ 5 ans7 ans ✅
Article 151 septies CGIExonération totale (PVCT + PVLT)
Fiscalité PV effectivement payée0 €

🎯 Verdict : grâce au 151 septies, Frédéric évite ~34 800 € sur la vente Bordeaux qui auraient été dus si ses recettes avaient été supérieures. Sur les 6 biens revendus à terme, l’économie cumulée peut dépasser 140 000 € — à condition de rester sous 90 000 € de recettes annuelles moyennes au moment de chaque cession (point critique à piloter). À cela s’ajoute l’exonération IFI sur ses 1,8 M€ de patrimoine locatif (~ 8 000 €/an d’IFI évités) — soit 56 000 € sur 7 ans.

⚠️ Si Frédéric dépassait les 126 K€ de recettes (par exemple en achetant 2 biens supplémentaires), il perdrait totalement le 151 septies et paierait les ~ 34 800 € sur Bordeaux — soit ~35 % de la plus-value brute. Le calibrage des recettes en vue des cessions est donc une décision stratégique majeure du LMP.

🏠 La plus-value à la revente : court terme vs long terme

Le LMP relève du régime des plus-values professionnelles (article 39 duodecies CGI), avec une distinction majeure :

Plus-value à court terme (PVCT)

La fraction de la plus-value correspondant aux amortissements pratiqués pendant la détention est qualifiée de PVCT :

  • Imposée au barème de l’impôt sur le revenu (à votre TMI)
  • Soumise aux cotisations sociales SSI (~43 %)
  • Pas d’abattement pour durée

⚠️ Conséquence concrète : si vous avez amorti 60 000 € sur un bien pendant 7 ans et le revendez avec 100 000 € de plus-value brute, 60 000 € sont qualifiés PVCT (au barème + SSI) et 40 000 € PVLT.

Plus-value à long terme (PVLT)

La fraction restante (plus-value économique « pure ») est qualifiée de PVLT :

  • Imposée à 12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux = 30 %
  • Abattement de 10 % par an au-delà de la 5ᵉ année (article 151 septies B) → exonération totale à 15 ans

Et l’article 151 septies par-dessus

Si vos recettes annuelles moyennes des 2 dernières années sont sous 90 000 €, toute la plus-value (PVCT + PVLT) est exonérée au bout de 5 ans d’activité.

Recettes annuelles moyennes (2 dernières années)Durée d’activitéEffet
≤ 90 000 €≥ 5 ansExonération totale (PVCT + PVLT)
Entre 90 000 € et 126 000 €≥ 5 ansExonération dégressive linéaire
> 126 000 €Régime classique pro (PVCT au barème + SSI ; PVLT à 30 % avec abattement 151 septies B)

💡 Différence importante avec le LMNP réel : les deux régimes réintègrent bien les amortissements à la revente — c’est inhérent au mécanisme d’amortissement. La différence est sur le traitement fiscal de cette réintégration :

  • LMNP réel (depuis LFI 2025) : les amortissements pratiqués sont réintégrés au prix d’acquisition pour le calcul de la plus-value des particuliers, qui est ensuite imposée à 19 % + 17,2 % de PS, dégressive jusqu’à 0 € à 22 / 30 ans.
  • LMP : les amortissements pratiqués deviennent une PVCT imposée au barème de l’IR + cotisations SSI (sans abattement pour durée). En contrepartie, la PVCT peut être totalement exonérée par l’article 151 septies si recettes ≤ 90 K€ — ce que le LMNP n’autorise pas.

Selon votre TMI, votre durée de détention et vos recettes, l’un ou l’autre régime peut être plus favorable. À simuler sur votre cas avant de trancher.

⚙️ La stratégie achat-rénovation-revente en LMP

C’est l’un des usages les plus puissants du LMP : acheter dans une zone à fort potentiel de valorisation, faire des travaux de rénovation lourde (division, optimisation, mise aux normes énergétiques), louer 5 ans minimum pour ne pas être requalifié marchand de biens, puis revendre avec exonération PV pro au titre du 151 septies.

Conditions pour que ça fonctionne :

  • Recettes annuelles moyennes ≤ 90 000 € sur les 2 années précédant la vente (sinon dégressivité ou imposition pleine)
  • Activité LMP exercée depuis ≥ 5 ans à la date de cession
  • Pas de revente trop rapide ni trop massive (risque de requalification en marchand de biens, soumis à l’IS et à la TVA)

Bons profils géographiques :

  • ✅ Centres-villes en gentrification, métropoles dynamiques avec demande locative forte
  • ✅ Villes étudiantes en croissance démographique
  • ❌ À éviter : villages ou petites villes en perte d’habitants. Double pénalité : (1) sans potentiel de valorisation, l’argument 151 septies tombe puisqu’il n’y a pas de plus-value à exonérer ; (2) les loyers cumulés sur la durée de détention génèrent des cotisations SSI + IR au barème, et à la revente, les amortissements cumulés peuvent générer une PVCT importante qui, ajoutée à un éventuel salaire ou autre BIC du foyer, peut faire basculer en TMI 41 ou 45 %. Concrètement : un bien tenu 10 ans avec 80 K€ d’amortissements cumulés peut générer ~80 K€ de PVCT à la revente — au barème + SSI, c’est très lourd si vous ne pouvez pas activer 151 septies.

💡 Pour l’investisseur qui n’a pas envie de gérer la création de valeur : viser des zones à potentiel d’appréciation sans travaux lourds (métropoles dynamiques) reste pertinent en LMP. Le levier 151 septies suffit à exonérer la plus-value après 5 ans.

⚠️ Les 6 pièges à éviter

1. ❌ Bascule LMP/LMNP non maîtrisée

Le statut LMP est automatique et n’est plus optionnel depuis 2020. Si vos recettes oscillent autour de 23 000 € ou si vos autres revenus changent, vous pouvez basculer chaque année entre LMNP et LMP, ce qui complique l’optimisation à long terme.

À simuler avant l’achat d’un nouveau bien ou avant un changement professionnel : si vous flirtez avec 22 000 € de recettes, un nouvel achat à 6 000 € de loyer vous fera passer en LMP automatiquement. À anticiper avec son comptable et le simulateur LMP Simupatri.

2. ❌ Sous-estimer les cotisations SSI minimales

Le seuil minimum SSI s’applique même en cas de résultat à 0 € ou négatif (forfait annuel ~1 200-1 400 €). Beaucoup de futurs LMP découvrent ces cotisations avec surprise lors de la première déclaration. Mais elles sont déductibles du résultat de la même année (calcul circulaire) et ouvrent des droits sociaux.

3. ❌ Confondre déficit charges et déficit amortissement

Seul le déficit issu des charges réelles est imputable sur le revenu global sans plafond. Le déficit issu de l’amortissement reste reportable sur les BIC futurs uniquement. Confusion fréquente qui mène à des redressements.

4. ❌ Ne pas anticiper le passage en TVA

Au-delà de 36 800 €/an de recettes, vous pouvez être assujetti à la TVA si vous proposez des services para-hôteliers (petit-déjeuner, ménage régulier, accueil…). À calibrer avec un comptable spécialisé.

5. ❌ Stratégie achat-rénovation-revente trop agressive

Faire trop de reventes (> 1 par an en moyenne) peut conduire à une requalification en marchand de biens par l’administration : IS sur les bénéfices, TVA sur les ventes, plus aucune exonération PV. Détenez chaque bien au moins 5 ans et limitez la fréquence des cessions.

6. ❌ Sous-estimer la PVCT sur les biens fortement amortis

Si vous avez amorti 80 000 € sur un bien avant cession, 80 000 € sont qualifiés PVCT (au barème + SSI). Hors application de l’article 151 septies, cette fraction peut être très lourdement taxée. À simuler pour anticiper.

📚 Comparaison rapide LMP vs LMNP réel

CritèreLMPLMNP réel
Seuil de recettes> 23 000 € ET > autres revenus≤ 23 000 € OU ≤ autres revenus
Amortissement✅ Oui✅ Oui
Déficit imputable RG✅ Sans plafond (charges réelles)❌ BIC reportable uniquement
Cotisations / prélèvementsSSI 43 % nominal, ~30 % effectif sur le résultat brut (calcul circulaire)Prélèv. sociaux 17,2 % (non déductibles)
Droits sociaux ouverts✅ Retraite, maladie, maternité❌ Aucun
Plus-value à la reventeRégime pro : exonération 151 septies (recettes ≤ 90 K€) + 151 septies B sur PVLT (10 %/an > 5 ans → exo à 15 ans)Régime particulier : réintégration des amortissements depuis LFI 2025, mais dégressivité par durée : taux 19 % d’IR + 17,2 % de PS qui s’effacent (exo IR à 22 ans, exo PS à 30 ans)
IFI✅ Exonération possible (bien outil pro)❌ Bien dans l’assiette IFI
ComptableQuasi obligatoireConseillé
Idéal pourEntrepreneur SSI, investisseur à temps plein, stratégie achat-rénov-reventeSalarié avec 1-2 biens en complément

💡 Règle pratique : sous 23 000 € de recettes ou avec un conjoint à fort revenu salarié, restez en LMNP réel. Le LMP s’envisage surtout pour les entrepreneurs déjà au SSI, les investisseurs à temps plein, ou les patrimoines > 1,3 M€ où l’exonération IFI vient peser dans la balance.

🚀 Passer à l’action

Le LMP est un régime à fort levier mais qui demande une analyse fine : cotisations SSI déductibles, plus-values pro avec ou sans exonération, exonération IFI sous conditions. Deux étapes complémentaires pour avancer :

1️⃣ Simuler votre cas

➡️ Lancer le simulateur LMP 2026

Le simulateur Simupatri intègre automatiquement :

  • Le calcul des cotisations SSI déductibles sur le résultat fiscal
  • L’amortissement par composants sur tous vos biens
  • La projection des plus-values pro avec exonération article 151 septies + abattement 151 septies B
  • La comparaison avec le LMNP réel sur les mêmes hypothèses

2️⃣ En parler à un comptable spécialisé

La comptabilité LMP est plus complexe qu’en LMNP réel (déclaration 2031, gestion SSI, optimisation des amortissements et des plus-values pro). Un comptable spécialisé immobilier sécurise les montages et paie souvent son coût en optimisations la première année.

➡️ Prendre rendez-vous avec un comptable spécialisé LMNP / LMP

Premier RDV de conseil offert via Simupatri (équipe spécialisée en immobilier au sens large : LMNP, LMP, location nue, SCI à l’IR/IS, SCPI…).


Pour aller plus loin :

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour être LMP en 2026 ?

Deux conditions cumulatives : recettes annuelles de location meublée > 23 000 € (toutes charges comprises) ET ces recettes doivent excéder les autres revenus d'activité du foyer fiscal (salaires, BIC, BNC, BA). Si une seule condition est remplie, vous restez en LMNP. La bascule en LMP est automatique dès que les deux seuils sont franchis — ce n'est plus un choix depuis la suppression de l'option en 2020.

Les cotisations SSI sont-elles déductibles du résultat ?

Oui, intégralement, l'année où elles sont effectivement payées (article 154 bis CGI). Le résultat fiscal sur lequel les cotisations sont calculées est lui-même net de ces cotisations, ce qui crée un calcul circulaire : SSI = 43 % × (résultat brut − SSI), ce qui équivaut à environ 30 % du résultat brut. Sur 10 000 € de résultat brut, vous payez donc ~3 010 € de SSI pour un résultat fiscal final de ~6 990 €. Le taux effectif réel est ~30 % dès qu'il y a un résultat positif, à comparer aux prélèvements sociaux du LMNP (17,2 %) qui ne sont pas déductibles.

Le LMP exonère-t-il d'IFI ?

Oui, sous conditions (article 975 V CGI). Les biens affectés à l'activité professionnelle principale du contribuable sont exonérés d'Impôt sur la Fortune Immobilière. Le LMP étant qualifié d'activité professionnelle (au sens BIC, avec respect des seuils et caractère prépondérant des recettes), les biens meublés exploités peuvent être exclus de l'assiette IFI. Un argument à mettre dans la balance pour les patrimoines > 1,3 M€.

Quelle est la différence entre LMP et LMNP au régime réel ?

Le LMP cumule les avantages du LMNP réel (amortissement, déduction des charges) avec trois mécanismes propres : 1) le déficit BIC issu des charges réelles est imputable sur le revenu global sans plafond, 2) les plus-values relèvent du régime des plus-values professionnelles avec exonération possible (article 151 septies sur les recettes + 151 septies B sur la durée), 3) exonération possible d'IFI. En contrepartie, le LMP est assujetti aux cotisations sociales SSI (~43 % nominal, ~30 % effectif via le calcul circulaire de déductibilité la même année) au lieu des prélèvements sociaux à 17,2 %, et ouvre des droits sociaux (retraite, maladie).

Comment fonctionnent les plus-values pro en LMP : court terme ou long terme ?

Le cas le plus fréquent : si la moyenne de vos recettes sur les 2 années civiles précédentes est ≤ 90 000 €, la totalité de la plus-value (court terme et long terme) est exonérée par l'article 151 septies CGI, dès 5 ans d'activité. C'est la situation de la majorité des LMP. Au-delà de 90 000 € de recettes, la plus-value se décompose en deux parties (article 39 duodecies CGI) : la PVCT (court terme), qui correspond aux amortissements pratiqués, est imposée au barème de l'IR + cotisations SSI ; la PVLT (long terme), qui est le reste, est imposée à 12,8 % + 17,2 % de prélèvements sociaux = 30 %, avec un abattement de 10 % par an au-delà de 5 ans (article 151 septies B) qui exonère totalement la PVLT à 15 ans. La PVCT, elle, ne bénéficie pas d'abattement par durée — seule l'application du 151 septies (recettes ≤ 90 K€) peut l'exonérer.

Comment fonctionne l'exonération de l'article 151 septies CGI ?

Le seuil s'apprécie sur la MOYENNE des recettes hors taxes des 2 années civiles précédant la clôture de l'exercice de cession (BOFiP BOI-BIC-PVMV-40-10-10-20). Si cette moyenne est ≤ 90 000 € et que vous exercez l'activité depuis ≥ 5 ans, l'exonération est totale (PVCT + PVLT). Entre 90 000 € et 126 000 €, l'exonération est dégressive (linéaire) sur la fraction qui dépasse 90 000 €. Au-delà de 126 000 €, le régime classique des plus-values pro s'applique (avec abattement 151 septies B possible sur la PVLT). Exemple : 95 K€ en 2024 et 85 K€ en 2025 → moyenne 90 K€ → exonération totale juste à la limite.

Le LMP peut-il imputer le déficit sur le revenu global sans plafond ?

Oui, c'est l'une des grandes différences avec le LMNP. En LMP, le déficit BIC issu des charges réelles (hors amortissement) est imputable sur le revenu global du foyer sans plafond. La fraction issue de l'amortissement reste reportable sur les BIC futurs uniquement (article 39 C II 2° CGI). Pour un entrepreneur déjà au SSI (artisan, profession libérale, gérant TNS) qui exerce une autre activité BIC en parallèle, le déficit LMP vient aussi mécaniquement réduire les cotisations SSI dues au titre de cette autre activité BIC. Pour un LMP dont l'unique BIC est la location meublée, le déficit ne réduit pas les cotisations au-delà du forfait minimum (qui s'applique de toute façon sur résultat ≤ 0).

Peut-on choisir d'être LMP ou de l'éviter ?

Le statut LMP n'est plus un choix depuis 2020 : il s'applique automatiquement dès que les deux seuils sont dépassés (recettes > 23 000 € + > autres revenus d'activité). En revanche, on peut le PRÉPARER ou l'ÉVITER en pilotant ses recettes : étaler l'acquisition de nouveaux biens, alléger les loyers, limiter le meublé de tourisme. Une autre solution pour rester en LMNP est de répartir vos investissements entre plusieurs régimes (LMNP, location nue, SCI à l'IR, SCPI…) — les régimes ne sont pas incompatibles entre eux, vous pouvez donc tenir certains biens en LMNP, d'autres en location nue ou via une SCI, et ainsi maintenir vos recettes meublées sous le seuil des 23 000 €. À l'inverse, on peut chercher à atteindre le seuil pour profiter des avantages LMP (cotisations sociales en cas d'entrepreneur déjà au SSI, exonération IFI, exonération PV pro après 5 ans).

Le LMP nécessite-t-il un comptable obligatoire ?

Pas légalement obligatoire mais quasi indispensable. La comptabilité est plus complexe qu'en LMNP réel (déclaration de résultat 2031, gestion des cotisations SSI, optimisation des amortissements et des plus-values pro). Le tarif d'un comptable spécialisé LMNP/LMP dépend du nombre de biens et de la complexité du dossier, et reste déductible des recettes. Simupatri propose un premier rendez-vous de conseil offert avec un comptable spécialisé immobilier (LMNP, LMP, location nue, SCI…).